De
Gaulle en rédigeant sa constitution en 1958 mettait en place un outil fait pour
lui. Ses successeurs s’en sont plutôt bien servis ! François Mitterrand
disait qu’il s’y trouvait comme dans ses pantoufles.
Pour
autant force est de constater que ce fût une erreur et un réel frein au progrès
par son archaïsme… On se demande pourquoi des hommes qui se réclament d’un
parti de progrès se complaisent dans une constitution vieillotte.
Au-delà
des apparences, les maux qui frappent le fonctionnement de nos institutions
actuelles sont essentiellement si ce n'est exclusivement dus aux agissements
des responsables politiques davantage qu'à des défauts originels et conceptuels
de notre texte fondamental.
Toutefois,
en dehors de ces comportements, il faut reconnaître que le résultat du premier
tour met le peuple de Gauche face à un choix improbable qui n’est pas conforme
à leurs aspirations.
Le
triste spectacle que nous offrent ces ministres en exercice ainsi que les élus
PS qui ont rejoint Macron avant le premier tour sans même soutenir le candidat
issu de leur primaire finit de nous convaincre qu’un changement s’impose de
toute urgence.
Ségolène
Royal en tête et ceux qui s’étaient présentés à nos suffrages avec notre
programme ont snobé le candidat issu de la primaire de la Gauche : Benoît
Hamon. Ce dernier n’avait pourtant pas démérité en faisant une campagne de
terrain qui avait rassemblé un nombre exceptionnel de militants et de français
qui aspiraient à ce changement. Il faut dire que ce n’était pas un hasard mais
bien la qualité de ses interventions qui en avaient fait LE CANDIDAT de la
Gauche.
Parallèlement, Mélenchon avec ses qualités
de tribun menait une campagne efficace avec des moyens futuristes débitant avec
son hologramme un discours bien rodé dont il faut reconnaître qu’il est bien de
Gauche et percutant.
La constitution de 58 offrait la stabilité obtenue
par les mécanismes du parlementarisme rationalisé…
Malheureusement, la réforme
constitutionnelle de 2008 a déchiré cette logique en restreignant de façon
totalement inconsidérée le mécanisme de l'article 49, alinéa 3 de la
Constitution qui permet à un gouvernement présidentiel (entendons par là un
gouvernement formé par le Président et exécutant fidèlement ses orientations
approuvées par le suffrage universel) de mener les réformes nécessaires au pays
par-delà les sentiments divergents et les états d'âme des députés de la
majorité présidentielle notamment dans le cas d'une majorité relative
(gouvernements du second septennat de François Mitterrand) ou d'une
cohabitation au sein de cette majorité (Gouvernements Barre) voire d'un
éclatement de cette majorité en cours de législature. Désormais, hormis les
lois financières, un Premier ministre ne peut actionner cette arme qui impose à
l'opposition de faire la preuve de sa cohérence et de sa force numérique en
renversant le gouvernement par une majorité absolue des membres de l'Assemblée
qu'une fois par session !
Et comme l'avait écrit Michel Debré dans la "mort
de l'Etat républicain", le "mode de scrutin fait la démocratie ou la
tue".

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